Quand commence-t-elle ?

La mention d’industrie 4.0 est apparue en 2011 pour la première fois lors du forum mondial de l’industrie de Hanovre. ce terme d’industrie 4.0 fait écho à la quatrième révolution industrielle après celle de la mécanisation, l’ industrialisation et celle de l’automatisation.

 

Comment la définir ?

L’industrie 4.0 c’est l’informatisation des processus de fabrication industrielle. Communément désignée comme usine intelligente, connectée, elle est la synthèse d’ une convergence entre l’informatisation et l’internet. D’où là contraction IT + OT (pour Operational technology) en IOT qui signifie l’internet des objets.

 

Quels sont ses incontournables ?

L‘internet des objets (iot) et le big data. Elle fait converger le monde virtuel et le monde réel. La data et la connectivité étant ses deux socles.

Les objets connectés produisent de grandes quantités de données dont le stockage et le traitement qui vont alimenter les big data.

Le Big Data : les technologies et les moyens de stockage et d’échanges de données, aujourd’hui  ont atteint un volume gigantesque. Cette problématique a mené à l’émergence de la data science qui va les organiser et les rendre exploitables par les entreprises.

 

L’internet des objets

Selon le cabinet d’études en nouvelles technologies Gartner « L’Internet des Objets est un réseau d’objets physiques dédiés qui intègrent des technologies pour détecter ou interagir avec leurs états internes ou leurs environnements externes. L’IoT constitue un écosystème d’objets, de communications, d’applications et d’analyses des données ».

Depuis 4 ans, les lunettes connectées semblent avoir intégré la majorité des grand groupes industriels. Dans le rapport récent de Toshiba « Maximiser la mobilité » a dévoilé que 49 % des entreprises pensent que leur secteur pourrait tirer profit des fonctionnalités mains libres des lunettes intelligentes, alors que 47 % s’attendent à ce qu’elles optimisent le travail à distance et 41 % prévoit une amélioration en termes de collaboration, de partage d’informations, de productivité et de sécurité de leurs collaborateurs.

 

 Quel est le pivot de cette révolution?

Elle s’articule autour du besoin client et par conséquent délaisse le concept de produit unique pour aller vers un produit quasi sur mesure, personnalisé en production courte, limitée et surtout évolutive. Le client va donc être son point de départ et demeurer au cœur du processus. Le client devient un partenaire à part entière et souvent être consulté par le département recherche et développement. C’est vraiment une innovation. Les équipes de productions vont aller sur le terrain, il y a bien une notion de connexion et d’interaction qui se déroule à l’échelle humaine et pas seulement technologique. Cette transformation est connue sous le terme de transition digitale.

 

Une révolution du monde de l’entreprise ou plus largement de la société ?

Mais cette révolution planétaire va au-delà de l’évolution technologique. Cette transition digitale  passe d’abord par une adaptabilité, des changements d’usages et induit un bouleversement des mentalités.

De par sa nature, elle va entraîner une véritable transformation organisationnelle au niveau humain dans la pensée, la hiérarchie, la relation inter-équipes en entreprise, la relation avec le client, l’écosystème, les partenaires. Les nouvelles générations qui sont  nées avec une culture du numérique vont se trouver confrontées à une hiérarchie parfois en déficit côté connaissances digitales et vont naturellement impulser une nouvelle dynamique.

La quatrième révolution industrielle va transformer chacun, chaque organisation de manière exponentielle.

Le business modèle est impacté et l’offre commerciale, le cahier des charge vont devoir être flexibles, modulables et tenir compte de données externes propre à l’usager.

On va au-delà de la conception d’un produit. On part de l’expérience et des besoins clients, on travaille donc avec son environnement et de fait on arrive avec une complémentarité de service. La complexité va être dans l’appréhension de l’usage dans sa diversité. Le client ne doit pas s’adapter, on va devoir collaborer avec d’éventuels partenaires et des processus propres à nos clients. On parle d’ailleurs d’intégration au niveau des développeurs de solutions. Les passerelles qui permettent de s’interfacer avec la plateforme du client transforme les développeurs de solutions en intégrateurs.

Récemment AMA et Proceedix* ont uni leurs expertises afin de proposer à leurs clients d’innover tout en s’intégrant avec leurs outils déjà en place.

« De plus en plus d’entreprises s’intéressent aux lunettes connectées dans le cadre de la mise en œuvre des processus métier. De nombreuses situations se prêtent à l’utilisation de lunettes connectées sur les sites industriels. Il est souvent demandé d’avoir les mains libres pour réaliser une procédure avec précision. Avec les fonctionnalités d’assistance en temps réel de XpertEye, les opérateurs disposent d’une solution de pointe », déclare Peter Verstraeten, CEO de Proceedix.

« La plateforme centralisée SaaS de gestion de processus métier Proceedix complète parfaitement les solutions avancées d’assistance à distance XpertEye développées par AMA. L’alliance de ces solutions de pointe permet aux deux entreprises de fournir à la clientèle les clés de leur réussite future », déclare Christian Guillemot, CEO de AMA XpertEye.

 

La production va devoir être agile.

Cela demande une nouvelle pensée, l’acte de production fait appel à plus d’interactions, de connections et cela de manière optimale. On entre dans une ère collaborative.

Ces nouveaux concepts nécessitent une réorganisation des ressources, implique des formations, modifie le management souvent plus horizontal, on en arrive à une stratégie globale et non cloisonnée. Toute l’entreprise est impactée.

Au-delà, c’est un enjeu sociétal impulsé au niveau politique. En France, le premier secrétaire d’état du numérique a été Fleur Pellerin et elle a mis en place avec l’aide des chefs d’entreprise, le label French Tech. Il y avait une vraie reconnaissance de l’enjeu pour redonner une place à l’industrie qui souffrait d’un déficit d’image et de reconnaissance.

 

Quel est son degré de maturité(d’adoption) ?

Dans la réalité, cette industrie 4.0 est encore appelée industrie du futur car son taux d’adoption reste faible. Avec les bouleversements organisationnels qu’implique cette révolution, sa mise en place est stratégique et demande du temps.

Les enjeux sont tels que son adoption passe par une phase de pilote qui permet aux entreprises, de tester dans un premier temps et souvent à l’initiative de son directeur d’innovation les solutions avant un déploiement à grande échelle.

Un rapport récent de Bain a positionné plus de 90 % des entreprises en mode POC (proof of concept). Pourtant, la capacité d’adoption semble réelle puisque d’ici 2020, Bain prévoit un changement significatif avec près de 80 % de pilotes convertis.

Quel niveau d’investissement va être engagé ?

D’après l’étude mondiale de PwC sur l’industrie 4.0*, menée auprès de plus de 2 000 entreprises industrielles dans 26 pays, celles-ci devraient investir 907 milliards de dollars par an dans la transformation digitale de leur entreprise d’ici 2020.

Cet investissement sera majoritairement dédié au développement de technologies digitales, comme des capteurs ou des objets connectés, les systèmes de production (Manufacturing Execution Systems), le data analytics, les plateformes de communication et de collaboration horizontales, la réalité augmentée ou encore les techniques avancées de production et de gestion logistique.

 

Quels bénéfices attendus ?

Toujours, selon Pwc, ces investissements permettront de générer en moyenne 2,9% de revenus supplémentaires par an et entraîner une réduction des coûts de 3,6% par an.
Plus de la moitié d’entre elles (55%) pensent rentabiliser cet investissement en deux ans seulement, voir même 65% en France.

Par ailleurs, les entreprises de l’industrie investissent dans la formation de leurs collaborateurs.

Un challenge planétaire, sociétal ?

Si l’on considère que l’industrie 4.0 est la quatrième révolution industrielle, elle a déjà commencé. Les usines intelligentes vont faire appel à de nouvelles compétences. L’humain va être une haute valeur ajoutée dans la gestion de ces nouvelles technologies. Nos DRH sont des personnes clefs, leur capacité à dénicher des talents va faire la différence.  Il y a une vraie pénurie d’ingénieurs et pas encore beaucoup de formation aux nouveaux métiers du numériques. Comment la société va  gérer le véritable enjeu de cette transformation ? La formation, l’éducation sont en  effet  le vrai défi pour réussir cette révolution.

D’ailleurs, nombreux sont les professionnels qui ouvrent des écoles pour pallier à leur déficit de candidatures. Selon un rapport publié par le Forum économique mondial, The Future of Jobs 2016, 65 % des enfants qui fréquentent aujourd’hui l’école primaire occuperont, dans l’avenir, des emplois qui n’existent pas encore. Les connaissances informatiques deviendront incontournables.

*Proceedix développe et commercialise une plateforme SaaS qui simplifie la gestion à distance des processus métier, des tâches à réaliser et des contrôles qualité grâce à un système 100 % numérique et optimisé pour les terminaux mobiles.

**AMA développe  Xperteye est une solution avancée d’assistance à distance basée sur l’utilisation de différents types de lunettes connectées et autres supports de vidéoconférence.

Par Marie-Anne DENIS

Directrice communication AMA XpertEye

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